LA MISSION EN ASIE DU SUD EST - DECEMBRE 2004

 

Le Sinistre :

Le dimanche 26 décembre, une secousse tellurique est ressentie en Asie du Sud Est. L’épicentre se trouve à environ 250 Km de la ville de Banda Aceth en Indonésie et à quelques 20 Km de profondeur dans l’océan indien.
L’intensité de ce tremblement de terre est évaluée à 9 sur l’échelle ouverte de Richter, il dure plusieurs minutes et produit dans l’instant un raz de marée qui va provoquer des murs d’eau de 5 à 10 mètres de hauteur.
Moins de vingt minutes après les secousses, les premières vagues atteignent les côtes de Java et de Sumatra, puis, elles engloutissent les côtes indonésiennes, sri lankaises, thaïlandaises, indiennes, en tout c’est près d’une dizaine de pays qui sont touchés par la catastrophe.
Dès que nous avons eu connaissance de l’ampleur du sinistre, L’Unité Légère d’Intervention et de Secours, s’est mise à la disposition des autorités Françaises, l’aide internationale ayant été demandée par les pays ravagés par le raz de marée.

 

L’Unité Légère d’Intervention et de Secours :

L’Unitée est composée de 7 sapeurs pompiers professionnels et volontaires, Roland de BARNIER, Patrick VILLARDRY, Michel MERENGONNE, David SUBRINI, Nicolas MELEISSIS, Nicolas TURIAF, tous sont des sapeurs pompiers et le docteur Jean Luc PHILIP les accompagne.

 

Les Missions :

Partis le 31 décembre de Nice, l’unité n’a pas emmené de chiens de recherche en décombre mais du matériel d’écoute et de recherche vidéo ainsi que de nombreux médicaments.
Dès notre arrivée le samedi 1er janvier, nous effectuons une reconnaissance des sites ravagés par le tsunami. Nous établissons notre base au Nord de Phuket afin de pouvoir effectuer des rotations sur la côte Nord Ouest de la Thaïlande particulièrement touchée.

Deux missions nous ont été confiées. La première est d’apporter aux secours thaïlandais une relève car ils sont épuisés après plus de 96 heures d’activité incessante. La seconde est de préparer d’une part, l’arrivée et la mise en place de systèmes de filtration afin de pouvoir apporter de l’eau potable aux populations sinistrées et d’autre part de prévoir l’installation de locaux provisoires devant être utilisés comme dispensaires ou comme écoles.

 

Le Chantier le plus important :

Au Nord de Phuket, la ville de Khao Lak a été totalement dévastée par le Tsunami. Le complexe hôtelier « Magic Lagoon Resort & Spa » a été noyé sous plusieurs mètres d’eau et il reste encore beaucoup de chambres et de pièces non vérifiées dans lesquelles nous allons trouver des cadavres, des papiers officiels, des photos d’identité permettant aux services d’identification judiciaire présents à nos côtés de procéder à la reconnaissance des victimes ou à l’établissement par les autorités de listes de personnes disparues.
Durant près de 4 jours, nous avons travaillé sur ce site, en relation permanente avec les autorités thaïlandaises, le propriétaire du complexe et le gestionnaire (groupe ACCOR). Chacun des acteurs a participé à la mise en place sur le site même d’une cellule de crise reliée à celle qu’avait organisé le groupe Accor sur Paris. Toutes les chambres ont été visitées, référencées et inventoriées par les sapeurs pompiers, plusieurs cadavres ont été sortis et remis aux autorités militaires. Aucun survivant n’a été retrouvé mais des familles entières ont pu récupérer leurs affaires personnelles ou celles de proches disparus ce qui leur a permis d’entamer un processus de deuil.

 

La Mission de reconnaissance :

A partir du mercredi 3 janvier ; nous avons réussi à contacter la base aérienne de Phuket afin de bénéficier de l’hélicoptère de reconnaissance de l’armé Française. Ce moyen de transport rapide va nous permettre de reconnaître la partie située la plus au Nord, celle qui borde la Birmanie. Les secours ne sont pas arrivés si haut et même si les dégâts sont moindres, nous envisageons de mettre en place à ce niveau nos deux groupes de filtration qui doivent arriver dans les dix prochains jours.
Nous sommes accueillis par le Maire de la commune de Ranong et nous établissons les lieux de mise en place de ces groupes, parallèlement à cela, nous indiquons aux autorités la possibilité de disposer d’un dispensaire armé par deux médecins et deux infirmières.
Cette dernière proposition est retenue en priorité sur les groupes de filtration et une semaine plus tard, ces quatre personnes seront opérationnelles sur place.

 

Le Retour et les remerciements :

Nous atterrissons à l’aéroport de Nice Côte d’Azur le lundi 10 janvier, Patrick et moi, nous sommes heureux de contacter le CODIS des Alpes Maritimes et d’annoncer que nous sommes rentrés de mission. Le message suivant est transmis aux autorités présentes à l’aéroport :
« Les membres d’ULIS ont terminé leur mission de secours, accident et incident : Néant. ».

Nous tenons à remercier plus particulièrement, le Président du Conseil Général, Christian ESTROSI, le député Lionel LUCA et notre Directeur Départemental de nous avoir autorisé ce déplacement vers l’Asie du Sud Est.

                                                                       Rapporteur : Roland de BARNIER