MISSION EN ALGERIE – MAI 2003

 

 

 

 

  La Mission

 

 

* Le mercredi 20 Mai 2003 à 19h44, une secousse tellurique dont l’épicentre se trouve proche de la ville Algérienne de Thénia bouleverse tout le Nord du Pays. L’intensité de ce tremblement de terre est évaluée à 5,8 sur l’échelle ouverte de Richter, il dure près de 40 secondes et détruit des milliers de bâtiments dont une majeure partie était des immeubles d’habitations.

Dès 7h45 heures, les Sapeurs Pompiers, volontaires pour la mission, sont avertis et remplacés dans chaque Centre, le matériel est acheminé vers le Centre Principal de Cannes la Bocca et à midi, une télécopie part du CODIS 06 vers le COGIC via l’Etat Major de la zone SUD et signale que le DICA 06 est prêt au départ et attend l’ordre de faire mouvement vers un aéroport afin de s’envoler vers l’Algérie.

Malheureusement, la machine administrative est quelque fois lourde à manipuler et à 19 heures, l’officier « Chef du détachement » reçoit l’ordre de disloquer les personnels et chacun, la mine triste et le moral plutôt bas retourne ce jeudi 22 mai 2003 dans ses quartiers.

Tous sauf 5 irréductibles sauveteurs qui, ne se découragent pas et forts de leurs expériences passées tentent de rejoindre la Capitale Algérienne blessée, par les lignes aériennes civiles sous l’égide d’ULIS. Une association créée il y a maintenant 3 ans par Patrick VILLARDRY, le maître chien aux multiples tatouages et Roland de BARNIER, spécialiste dans la stabilité des décombres….

Le statut particulier d’une association lui permet une liberté d’action tant sur le plan administratif qu’opérationnel plus aisée que tout détachement civil voire militaire organisé tel que le départ d’un DICA. La contre partie se retrouve dans une sécurité plus que rétrécie puisque les membres partent sur leur congés annuels et avec le statut de « touriste » ce qui peut prêter à sourire mais qui l’est moins lorsque survient le moindre incident ou accident.

 

Tout est donc paré pour qu’ULIS réalise sa deuxième mission officielle. Les paquetages sont déjà prêts, les passeports en règle. L’ambassade d’Algérie à Nice où nous avons faxé notre proposition de mise à disposition de nos personnels et matériels nous accueillera dès le lendemain matin afin de délivrer les 5 visas qui nous permettront d’entrer et d’évoluer sur le territoire Algérien en toute légalité.


 

Le départ et la mise en œuvre des secours

* Vendredi 23 Mai 2003 : Il est 10 heures lorsque les deux véhicules se mettent en route direction l’aéroport de Marseille-Provence. Ce matin dès 8 heures, Patrick est allé récupérer les passeports visés par l’ambassade.

Arrivés à l’aéroport, nous sommes immédiatement accostés par une foule de personnes, il y a là des familles algériennes qui nous demandent de contacter des membres de leurs familles, des journalistes qui souhaitent nous interviewer sur notre départ et nos motivations. Nous essayons de contenter le plus de personnes possibles, mais nous veillons à ce que les chiens et le matériel embarquent dans les meilleures conditions possibles. Dans quelques heures, nous serons mis à la disposition des secours Algériens et rien ne devra faire défaut à la bonne réalisation de la mission, le vibrascope doit être correctement embarqué, ses batteries chargées et sa caméra infra rouge vérifiée. Les chiens, détendus et positionnés dans les cages après une dernière caresse de la part de leurs maîtres, sont désormais prêts pour l’embarquement, un dernier au revoir aux journalistes et à nos collègues du bataillon des Marins Pompiers de Marseille présents sur l’aéroport, il est 13h30, nous nous envolons pour Alger.

Le vol dure 1h15 minutes, à 14 heures locale (15 heures en France), nous partons pour le Centre d’Instruction de la Protection Civile Algérienne, situé à quelques kilomètres à l’Est d’Alger, c’est à partir de là que sont organisés les secours pour toute la zone touchée par le séisme.

 

La zone d’intervention

 

* Elle s’inscrit dans un rectangle d’environ 70 Km de long sur 15 Km de large allant de la banlieue Est de la capitale jusqu’à la banlieue Est de Bourmerdés (Rocher Noir). Il y a une autoroute à double voie qui relie les villes situées sur le passage et quelques routes départementales qui sont en fait surchargées par le trafic local.

Il fait chaud dans la journée, environ 25 à 30°C, sec et frais voire froid durant la nuit (pas plus de 10°C). Il est prévu de la pluie en début de semaine mais du beau temps pour le week-end, ce qui nous laisse quelques jours pour bien travailler.

 

Le premier chantier

 

* Le centre de commandement nous a demandé de se mettre en rapport avec le capitaine qui travaille sur la ville de Bordj al Barhi (Cap Matifou), nous y arrivons vers 16 heures.

  Un peu surpris par notre arrivée mais rapidement convaincu par nos compétences, il décide de nous faire faire une reconnaissance des sites qui restent encore inexplorés et où demeurent un doute quant à la présence de personnes vivantes.

Nous embarquons dans un bus réquisitionné et nous nous engageons dans la ville. Il fait encore jour et malgré la luminosité qui diminue une vision d’apocalypse se présente à nos yeux. Il y a des quartiers entiers qui ont été touchés et plus particulièrement des bâtiments neufs non encore livrés et des édifices publics.

 

Les dégâts observés

 

* Les bâtiments touchés par le séisme peuvent se classer en trois catégories :

1°) Les bâtiments fissurés et stables : Ils représentent environ 40% des constructions, ils datent du début et du milieu du XXème siècle, ils sont généralement en béton ou en pierres de taille et n’excèdent pas deux étages sur un rez de chaussée. Après quelques recherches, il s’avère que les pouvoirs publics Français n’autorisaient pas à cette époque de constructions plus élevées. Ces bâtiments n’ont pas été évacués et malgré quelques lézardes qu’il conviendra de réparer, ils peuvent être habités sans risque.

2°) Les bâtiments très endommagés, en partie écroulés mais stables : Ceux là représentent environ le tiers des immeubles de cette ville, ils comprennent en général plusieurs étages sur rez de chaussée, ils sont de construction récente. Les fondations s’appuient sur des longrines en béton armé, les poteaux sont repris dans un chaînage général et les murs sont faits de brique rouge.

Certains n’ont pas encore été livrés à leur propriétaire ou sont en cours de livraison. Ils ont été entièrement évacués par craintes de répliques du séisme. Ce sont dans ces bâtiments que les sapeurs pompiers de la protection civile algérienne ont découvert le plus de personnes en vie. A l’heure où nous effectuons nos reconnaissances, il ne subsiste aucun doute quant à la présence de personnes disparues dans ces maisons.

Ces constructions peuvent être réhabilitées par des travaux de consolidation classique (réfection d’un escalier écroulé, reprise de ferraillage d’une dalle) sous réserve que leur fondation soit saine ou que la partie endommagée n’intervienne pas dans la stabilité de l’ensemble (fissuration et effondrement des poteaux du rez de chaussée).

3°) Les bâtiments totalement écroulés ou endommagés et très instables : Ces bâtiments sont parfois difficilement identifiables et ce n’est que lorsqu’ils se sont effondrés en « mille feuilles » que nous pouvons déterminer le nombre de niveaux supérieurs en fonction du nombre de dalles visibles. De même, la destination du bâtiment (habitations, commerces ou édifices publics) ou partie de bâtiment, n’est connue que de la population vivant à proximité ce qui rend délicat les recherches de personnes et les risques encourus par les sauveteurs (présence de produits dangereux). La construction de ces bâtiments date des trente dernières années, les fondations sont réalisées sur une profondeur d’environ 60 cm, il y a plus de deux niveaux (4 étages en moyenne) et nous avons souvent observé l’absence de chaînages entre les poteaux et les dalles des différents niveaux. Les murs en brique rouge sont écroulés sur les dalles et la torsion qu’a subi le bâtiment ne permet pas de déterminer aisément les pièces déblayées (conduite d’eaux usées, locaux techniques, cage d’ascenseur).

Ainsi, et après les reconnaissances qui s’imposent, nous déterminons en accord avec l’officier responsable, une zone de 4 chantiers dont un est prioritaire car des témoins affirment qu’ils ont entendu des cris et des voix de femmes et d’enfants.

Il est presque 18 heures et nous engageons deux chiens (Filou, un malinois d’un an et Rio, un berger allemand de deux ans) dans les décombres. Chaque chien passe en revue les 500 m2 de gravats sous lesquels pourraient se trouver plusieurs personnes. Malheureusement, il revient vers son maître, Patrick a le regard des mauvais jours, nos pensées se rejoignent, s’il y a quelqu’un la dessous, il n’est plus en vie. Rio, le berger allemand passe plus de temps dans chaque trou, revient sur ses traces, refait plusieurs passages et jappe faiblement au bord d’une dalle brisée en deux morceaux à 90° et dont l’un s’enfonce profondément dans les restes de l’immeuble.

Nous ne sommes pas rassurés car toute la structure est instable et des sauveteurs se sont blessés ici même en se heurtant sur des arrêtes de béton. Les chiens ont effectué leur mission, c’est aux sauveteurs de travailler. Nous préparons notre matériel d’écoute, le vibrascope qui nous accompagne depuis notre mission en Inde.

Afin d’aller plus en profondeur, nous dégageons des amas de béton disloqué, les secours algériens sont à nos côtés et rapidement une chaîne de décombres se met en mouvement, certains découpent les ferrailles à la disqueuse, d’autres creusent avec des barres à mines.

Il est plus de 21 heures et nous venons d’extraire deux corps sans vie, les famille nous remercient mais l’espoir s’est évanoui, la tristesse est dans le cœur de chaque sauveteur et même si nous avons travaillé ensemble, sans la moindre hésitation, en toute confiance et sans discordance, le résultat est absent et le moral est atteint.

Le reconditionnement des chiens et du matériel prend plus d’une heure et c’est vers 22 h30 que nous nous regroupons tous les cinq sous une tente de l’armée et partageons ensemble un repas plus que frugal. Il est l’heure de penser à la famille, aux collègues du DICA qui sont restés en France et qui doivent être déçus. C’est parce que nous les représentons ici en Algérie que dès demain nous reprendrons courage et travaillerons d’arrache pied pour qu’au moins une vie soit sauvée.

Le deuxième chantier 

* Samedi 24 mai 2003 : La nuit ne fut pas vraiment calme et le froid nous a surpris dans notre sommeil. La protection civile algérienne est en pleine relève de ses personnels.

Le capitaine qui nous a guidé hier après midi est parti et un nouvel officier le remplace. Il vient de faire une reconnaissance du site dont il a la charge et nous appelle en nous demandant de venir l’aider sur un chantier où des personnes seraient ensevelies.

La zone d’intervention est connue puisque nous n’avons pas changé de ville. Les rues ont été reconnues hier soir et nous savions que certains sites n’avaient pas été entièrement fouillés. De toute manière, c’était un chantier que nous avions envisagé dès la veille.

Le bâtiment est en grande partie détruit, mais mise à part la façade avant gauche, tout le reste est assez stable et nous allons pouvoir engager les chiens sans trop de risque.

A l’origine, c’est un bâtiment qui comportait 4 niveaux, construit sur la base d’un parallélépipède rectangle, il s’est effondré par le centre et a attiré dans son écroulement les parties périphériques qui de ce fait paraissent très instables.

 A l’intérieur, et toujours selon des témoins qui habitent cette rue, il y avait des familles qui s’apprêtaient à dîner tout en regardant un match de football à la télévision. Les cris et les gémissements entendus au petit matin par deux ou trois personnes viendraient d’au moins deux personnes qui seraient retournées dans leur appartement afin de récupérer des affaires personnelles durant la secousse (portefeuille, veste, papiers d’identités). Les personnes qui seraient sous les décombres pourraient être encore vivantes car les nuits sont fraîches et l’humidité des premières heures de la journée laisse espérer quelques chances de survie alors que nous sommes déjà à plus de 60 heures du séisme.

Dès notre arrivée sur les lieux, une rapide reconnaissance nous permet de nous rendre compte que rien n’a bougé depuis hier soir, aucune recherche durant la nuit. Patrick engage son Berger Allemand RIO, il ne faut que quelques minutes au chien pour marquer deux points puis un troisième un peu plus haut, ces marquages ne nous plaisent pas, ils ne sont pas porteur de bonnes nouvelles, l’équipe est soudée et nous avons tous échangé en même temps la même pensée, …encore des morts. Patrick qui récupère son chien demande à Nicolas de prendre en charge RUN, qui se débat comme un diable. Un marquage et un aboiement, puis deux marquages légers et un recul que l’on connaît car les chiens bien plus que les hommes captent les odeurs de vie comme les odeurs de mort et ces dernières sont insoutenables d’où ces marquages rapides que nous pouvons interpréter immédiatement.

 Si une personne est vivante, elle doit être très affaiblie et coincée dans un espace de survie très étroit. Il nous faut connaître parfaitement le plan de ce bâtiment or personne ne peut réellement nous renseigner mis à part pour nous dire qu’il y avait un grand hall d’entrée et des salles à manger donnant sur la rue. Notre seul moyen de repérer les lieux de vie réside dans l’étude du bâtiment. Il faut repérer les canalisations de fluides, les colonnes d’eaux usées pour identifier les sanitaires, les câblages électriques alimentant les tableaux de chaque logement, pour identifier les placards techniques, le mobilier tel que les lits pour les chambres à coucher.

Ce repérage et les témoignages entendus ça et là permettent de ne pas trop perdre de temps dans les recherches.

La perche navigue, la caméra balaye des dizaines de centimètres de cloisons, il faut déjà posséder un oeil aguerri pour ne pas confondre les ombres des gravas et des ferrailles avec une main, une jambe et son pied ou un visage avec son nez.

Au fil des minutes, nous inspectons une nouvelle faille, le temps passe insupportable mais il faut rester patient et prendre le temps de ne rien omettre, pas un doute ne doit persister sur les lieux inspectés.

Cela fait plus d’une heure que nous avons débuté ce chantier et nous n’avons pour le moment aucune certitude, les seuls indices que nous possédons sont les suivants :

Des gémissements entendus ce matin mais non renouvelés ;

Un marquage doublé d’un timide aboiement d’un chien.

 

Rien de vraiment convaincant, mais cette période de désespoir passée, nous entamons une reconnaissance plus en profondeur dans le bâtiment. Nous nous rendons à l’endroit où les deux chiens ont marqué et après avoir déplacé une porte et un morceau de cloison, nous découvrons un trou qui nous amène au-delà de la dalle du premier étage.

 

Une odeur nauséabonde se dégage et nous savons qu’ils sont là. Les secours Algériens ont compris et la population exprime sa douleur, ce matin, ce sont encore des morts qui sortiront des décombres.

Cependant l’extraction des cadavres va s’avérer être très délicate. Désormais, nous avons besoin de matériels lourds. Un chargeur, un tracto pelle à chenilles, un brise béton et des camions pour évacuer les gravats vont être nécessaires.

La Protection Civile Algérienne va nous mettre tout ce matériel à notre disposition, nous avons dû les surprendre par notre volonté de les aider et maintenant nous sommes ensemble sans distinction de religion ni de couleur, nous allons sortir ces morts afin qu’ils soient enterrés dignement. Malgré des vibrations importantes du sol, nous allons travailler sans relâche, jusqu’au soir.

Il est près de 18 heures et trois corps ont été retirés sans incident et totalement préservés de cet amas de ferrailles et de morceaux de béton qui les ont écrasés il y a trois jours,  un garçon de 17 ans, une femme, mère de trois enfants et un homme de 45 ans.

 

En Algérie, depuis le tremblement de terre de « EL ASNAM » en 1980, la réglementation en matière de construction est stricte et comporte de nombreux textes législatifs. En matière de réglementation parasismique, il existe une base de réflexion Européenne, en France depuis quelques années, c’est le règlement PS 92 qui s’applique, nous le retrouvons aussi en Algérie sous une autre dénomination.

Les dégradations que nous avons pu observer sur les bâtiments ne sont pas dues à un manque de réglementation mais à une absence d’application de cette réglementation, quelles en sont les raisons ? Nous pensons qu’il s’agit d’un manque d’information des populations et un problème financier car la mise en place de systèmes de sécurité engendre un surcoût que beaucoup d’Algériens ne peuvent se permettre.

 

Le troisième chantier

 

De retour à notre parc à matériel, nous détendons les chiens et les faisons manger. Nous trouvons qu’ils résistent bien à la chaleur et qu’ils sont globalement en bonne forme ce que nous n’avions pas observé en Inde où l’odeur des corps incinérés leur avait donné la nausée.

 

Le Capitaine de la Protection Civile Algérienne vient nous voir et nous demande une dernière faveur.

Dans le quartier jouxtant la caserne, une maison est dans une position plus qu’instable, elle est intacte mais construite sur des piliers en béton de 2m50 de hauteur dont ceux situés vers l’Est se sont écroulés provoquant une inclinaison de l’ensemble d’un angle de plus de 30°. De part et d’autre, il y a deux autres bâtiments peu touchés mais qu’il est nécessaire d’évacuer car ils jouent désormais le rôle d’appareils d’appui de la maison « inclinée ».

 

L’officier nous demande notre avis sur les méthodes à employer pour détruire la maison tout en préservant l’habitabilité des deux autres. Ce n’est pas une mince affaire, dans un premier temps nous nous assurons que personne ne demeure à l’intérieur.

La reconnaissance nous demande peu de temps et une petite demi-heure plus tard, notre idée de manœuvre est la suivante :

*Provoquer un effondrement interne de la structure, un peu comme une implosion de téléviseur.

 

Pour cela, il est nécessaire de poser des butons de renfort le long des poteaux qui maintiennent encore la dalle du premier niveau d’habitation à l’Ouest et le long du mur pignon opposé qui s’appuie sur le bâtiment situé à l’Est.

Au moyen du brise béton, il faut entailler les deux dalles qui séparent les deux niveaux d’habitation, couper les ferrailles à la disqueuse, étayer les bords de l’entaille à chaque avancée de l’engin afin de stabiliser de manière provisoire l’ensemble.

Il est 19h30 et nous commençons à poser les étais sous la première dalle mais les engins de chantier réquisitionnés ont rejoints leurs ateliers afin d’être vérifiés et contrôlés pour le lendemain.

L’officier nous demande notre avis sur ce chantier nous lui indiquons qu’il est difficile voire impossible de poursuivre d’autant que la nuit tombe, que nous sommes tous fatigués et qu’il est inutile de courir un risque pour un bâtiment dans lequel il n’y a plus personne à secourir.

Il en convient, note tous les détails de la mission et nous propose de l’accompagner au Centre d’Instruction de la Protection Civile d’Alger afin de nous reposer, de nous changer et de nous restaurer. Nous acceptons bien volontiers.

 

Le bilan provisoire

 

Arrivées hier après midi de nombreuses équipes de secours sont présentes sur le sol Algérien, tous souhaitent se rendre sur les lieux de la catastrophe. L’attente est longue car l’acheminement est assuré par les moyens réquisitionnés par la protection civile dans lesquels nous trouvons toutes sortes de véhicules, du Minicar climatisé au tracteur agricole.

En fin de matinée, nous avons été transférés sur le Centre d’Intervention de Boumerdes. Le bâtiment a bien résisté malgré l’apparition de longues lézardes le long des joints de dilatation. Le Poste de Commandement de cette partie la plus à l’Est du séisme est installé dans le mess officier.

 

Au mur, une carte est affichée, elle résume parfaitement la situation sur le site à 8h00 le 25 mai :

* Nombre de morts : 1088

* Nombre de blessés : 3427

* Nombre de disparus estimés : 1500

  Les engins de chantier ont remplacés peu à peu les sauveteurs et il est temps de rejoindre Alger.

A notre arrivée dans la capitale, nous apprenons que les Unités de la Sécurité Civile ont décidé de rentrer en France dès le lendemain et nous décidons ensemble et à contre cœur de passer à l’aéroport international afin de retenir  nos places pour le lundi 26 mai.

Nous atterrissons à l’aéroport de Marseille Provence le lundi 26 Mai à 16h15 et deux heures plus tard, je suis heureux de contacter le CODIS des Alpes Maritimes et d’annoncer au DDSIS que nous sommes rentrés de mission. Patrick, le Président de l’association me demande de passer le message suivant :

« Les membres de l’association ULIS ont terminé leur mission de secours,

    accident et incident : Néant. ».

 

Remerciements

 

L’association ULIS tient à remercier tout particulièrement :

 

-         Monsieur l’Ambassadeur d’Algérie pour sa diligence et l’efficacité de ses services lors de l’obtention de nos visas.

-         Le Directeur Départemental des Alpes Maritimes, le Colonel BAUTHEAC, pour son accord immédiat et sans réserve à notre demande de départ en mission.

-         Les Marins Pompiers du BMPM qui nous ont accueilli et nous ont facilité notre embarquement à Marseille Provence.

-         Les Sapeurs Pompiers de la Protection Civile Algérienne qui nous ont intégré dans leur unité de secours.

-         Et surtout, un très grand Merci à tout le peuple Algérien pour sa leçon de courage car malgré cette tragédie, il a su rester digne et hospitalier.

 

 

                                                                                               Rapporteurs : Roland de BARNIER

                                                                                                                      Patrick VILLARDRY